La réalité du métier

Dernière M.A.J - Décembre 2017

La formation initiale

Les écoles privées se font de plus en plus nombreuses, vantant chacune d’être à la pointe en matière de formation. Pourtant, peu d’étudiants parlent de leur formation et les avis mitigés sont donnés sous couvert de l’anonymat des forums. Pendant ma formation, j’ai contacté plusieurs ostéopathes issues de celle-ci, et pour beaucoup ce fut silence radio. Je ne vois pas ce qui a de mal à partager son expérience avec des futurs confrères. Malheureusement, à ce jour il y a très peu de collaboration entre professionnels du même secteur.

 

Depuis 2017, l'Ordre National des Vétérinaire a récupéré la légitimité de délivrance du diplôme d'Ostéopathe Animalier. De ce fait, pour pouvoir continuer à exercer, tous les praticiens en exercice doivent passer un examen afin de pouvoir être inscrit sur la liste de l'ordre et donc continuer à exercer. Cet examen est ouvert aux personnes ayant soit 3 années d'études supérieures (+ 1 200h/an) et 5 ans d'expérience avant 2017, soit aux étudiants ayant 5 années d'études supérieures. De ce fait, toutes les formations actuelles et même celles qui délivrent le D.O.A ne peuvent garantir à leurs élèves de pouvoir exercer à la fin de leur cursus.

 

Concernant la prétendue sélection des écoles… Elle se fait d’abord au portefeuille (aucune aide financière n’est accordée par l’état pour la plupart des formations, exception peut-être faite pour celles qui délivrent le D.OA,), il faut maintenant compter environ 50 000€ pour l'ensemble du cursus, hors frais annexes (puis 2 000€ pour passer l'examen de l'ordre des vétérinaires à la fin du cursus). Beaucoup d’écoles prétendent sélectionner leurs étudiants (baccalauréat scientifique, galop 7…) sur papier, alors qu’en pratique ce n’est pas le cas. Lors de ma formation,  on venait tous d’horizons différents (baccalauréat S, L, ES, STG, reconversion professionnelle, diplômes fédéraux variés). Dans beaucoup d’écoles, l’effectif par classe annoncé est inférieur à l’effectif réel, cela peut être handicapant en cours pratique. Au terme de la formation, peu d'élèves échouent en ayant suivi le cursus jusqu'au bout (hors abandon), et le cas échéant, peuvent redoubler. Ces derniers temps, on peut aisément prévoir en moyenne 300 nouveaux ostéopathes animaliers (toutes formations confondues) par an sur le marché du travail

  

A cause de l'absence de numérus clausus et de la prolifération des écoles, la saturation va arriver plus rapidement que prévu...

 

Il ne s'agit pas de limiter l'accès au diplôme d'ostéopathie aux seuls titulaires d'un baccalauréat scientifique (comme cela se profile), mais de faire une vraie sélection sur les candidats au titre d'ostéopathe, par leurs compétences et connaissances, mais surtout par leur motivation et leur implication dans le métier, car c'est cela qui fera la différence sur le terrain. Espérons qu’un numérus clausus soit rapidement instauré afin de limiter la saturation du métier qui est en train de se produire aussi bien dans notre secteur que chez les ostéopathes humains.

 

Lorsque vous cherchez votre future école, n’hésitez pas à faire un tableau comparatif avec les heures de formation annoncées, les matières enseignées, le prix à l’année, le type d’espèces traitées etc. Allez également aux portes ouvertes de celles qui vous intéressent, et essayez de rentrer en contact avec des étudiants et des anciens élèves de ces écoles. Regardez également la formation des professeurs : la plupart recrutent leurs anciens élèves, ayant parfois seulement une à deux années de pratique professionnelle voir moins de quelques mois ! A ce sujet, je trouve cela dommage. Il existe autant de techniques ostéopathiques que d’ostéopathe, et avoir des professeurs de formations différentes est plus enrichissant que ceux formés à la même méthode.

 

 

Il existe maintenant des formations par correspondance pour apprendre le métier. C'est évidemment une hérésie, cette discipline nécessite un apprentissage guidé, et pas quelques cours sur internet ! Ne succombez pas à la facilité... c'est vos patients qui en paieront le prix ! (Et votre réputation...)

 

Solution alternative aux écoles privées post-baccalauréat, vous pouvez toujours poursuivre un cursus vétérinaire et vous spécialiser ensuite dans l’ostéopathie. Cela vous assure au moins un salaire convenable et une voie de réorientation au cas où. Vous pouvez également passer par un cursus d’ostéopathe humain, mais cela reste une voie plus risquée vu la conjoncture actuelle du métier (saturation) et vous ne serez pas dispensés de l'examen du C.N.OV malgré que vous soyez autorisés à exercer sur une patientèle humaine. 

 

Durant votre formation, vous serez certainement tentés de trouver un stage d’observation auprès d’un professionnel déjà installé. D’après ma propre expérience, cela relève souvent du parcours du combattant. Durant mes études, j’ai contacté plusieurs ostéopathes de ma région afin de les suivre quelques jours par mois dans leur pratique. Les rares réponses obtenues me proposaient de payer chaque jour de stage à des prix exorbitants (entre 200 et 400€ par jour), ou alors de me prendre en formation à condition d’un rachat de clientèle après mon diplôme. Il ne faut pas se leurrer, les clients ne sont jamais acquis, et ils ne peuvent encore moins être rachetés. Un seul a accepté de montrer sa façon de pratiquer sur une après-midi qui était très enrichissante. Cela dit, les conventions de stages réalisés par les écoles ne correspondent pas non plus à la réalité du terrain (on ne fait pas d'horaires de bureau, et encore moins 35h) cela peut freiner les praticiens à prendre des stagiaires par rapport à l'assurance.  De plus, le nombre de demandes est très important chaque année par rapport au nombre de praticiens sur le terrain... J’ai pu acquérir de l’expérience grâce aux propriétaires qui m’ont fait confiance dès le début, en me laissant me faire la main sur leurs animaux. Sans cela, je n’aurai certainement pas avancé dans ma pratique.

         

Les stages de perfectionnement post-gradué sont aussi rares que cher (pour deux ou trois jours, cela s’élève en général à 500€ minimum sans compter les frais annexes comme l’hébergement, le transport et la nourriture) : l’accès aux connaissances nécessite un portefeuille bien rempli.  Ces formations sont certes facultatives, mais certaines techniques ne sont pas enseignées en école ou alors elles ne le sont que partiellement. Par exemple, au cours de vos études il est possible qu’on vous forme soi-disant à la médecine traditionnelle chinoise et au shiatsu en vous donnant quelques points, leur emplacement et leurs effets thérapeutiques isolés, sans prendre la peine de vous enseigner les couplages et le ressenti. Sur le terrain, ces cours express ne valent rien, il vaut mieux se former dans une école spécialisée. Si vous souhaitez améliorer votre pratique, les stages post-gradués seront primordiaux. Et pour continuer à payer des formations après avoir payer l’école, il faut être vraiment motivé.  

 

 

N'oubliez pas qu'un praticien compétent se forme tout au long de sa vie : dans ce domaine, rien n'est jamais acquis.

L'auto-entreprise

Pour se déclarer auto-entrepreneur, il faut passer par l’URSAFF. N’hésitez pas à prendre conseil auprès de personnes compétentes avant de vous déclarer, car en cas de problèmes c’est le branle-bas de combat pour faire réagir les différentes institutions qui s’occupent de votre dossier.

 

Les charges augmentent graduellement et assez rapidement. En septembre 2012, pour une consultation à 60€, on me demandait 12€ de charge. En janvier 2013, c’est passé à 13€. Et en juillet 2013, je suis à 15€, sans compter les impôts évidemment.. Lors de mon inscription je n’ai pas demandé l’ACCRE, pensant ne pas pouvoir en être bénéficiaire. Ceux qui la possèdent ont des charges très réduites sur les trois ans qui suivent leur début d’activité. L’avantage en étant ostéopathe animalier c’est que l’on travaille principalement en clientèle, du coup nous n’avons pas de taxe ou de crédit pour un local et l’investissement matériel est limité.

 

En ce qui concerne les assurances, il est fortement conseillé de prendre une responsabilité civile professionnelle même si elle n’est pas obligatoire. Les offres d'assurance sont de plus en plus nombreuses, mais elles restent relativement chères.

 

Il est très facile de se déclarer en auto-entrepreneur, mais pour réussir à faire pérenniser son activité c’est un autre domaine. Tout le monde n’est pas fait pour travailler à son compte. Cela signifie gérer sa propre comptabilité, son développement marketing (on peut tout à fait passer par des entreprises spécialisées, seulement un débutant a rarement le budget nécessaire), ses horaires… Quand un client se présente, on peut être amené à travailler à tout moment, notamment pour les urgences. Ce qui veut dire pas de vacances, pas d’horaires de bureau non plus. Il faut également prendre en compte l’emploi du temps du client, qui travaille lui aussi, et qui ne peut être parfois disponible que le soir ou les week-ends. A ce moment là, quand l’entreprise marche, on en vient à ne plus calculer ses heures, et peu importe la météo, on travaille en extérieur par tout les temps.

 

Qu'importe le nombre d’année de pratique ou de cas traités avec succès, un praticien qui reste humain dans sa pratique (c'est-à-dire qui n’est pas intéressé que par les bénéfices commerciaux comme on peut malheureusement le voir parfois), se pose toujours certaines questions à la fin d’un soin. C’est là que le retour de la clientèle est très important. Beaucoup de personnes ne prennent pas la peine de donner des nouvelles dans les semaines suivantes pour confirmer l’amélioration, dans ce cas comment savoir si le client a été satisfait ? On reste dans le doute jusqu’à ce qu’il nous appelle pour une autre séance, plusieurs mois après. Si une bonne réputation est lente à venir, la mauvaise a toujours un galop d’avance. Il suffit d’un client mécontent pour en perdre plusieurs. Bien que l’erreur reste humaine,  dans les professions de santé, on a obligation de moyen (mais pas de résultats...).

 

Pour ce qui est de la question épineuse du marketing, les professions libérales non réglementes ne sont pas interdites de publicité. Pourtant, bon nombre d’ostéopathes s’offusquent de voir certaines de leur confrère en faire : d’après eux cela décrédibiliserait les professions de santé. Le problème n’est pas la publicité en soi (donner des cartes de visite à ses clients ou se présenter aux autres professionnels de santé est toléré, pourtant cela constitue une forme de marketing) mais les abus qui en résultent. C'est-à-dire faire du marketing agressif (panneaux publicitaires, publicité audiovisuelle) ou plus récemment inscrire ses services sur des sites tels que Groupon. Il n’est pas interdit d’offrir ses séances ou d’adapter ses prix en fonction des moyens financiers de certains de ses clients, cela n’est en rien péjoratif pour la profession.

Les revenus, le "salaire"

 

  

Sujet épineux... qu'il est bien difficile de traiter. En auto-entreprise, il faut compter entre trois et cinq ans environ d'installation avant d'avoir des revenus réguliers corrects (à hauteur ou supérieur au SMIC) afin d'être indépendant financièrement. En sortant d'école, ceux qui ont fait un prêt étudiant risque d'avoir bien du mal à le rembourser sans un coup de pouce financier de la part des proches. Ainsi, il vaut mieux s'assurer un salaire fixe en travaillant à côté. Si dans le mois on n'a pas de client, on ne paie pas de charges, c'est un des rares avantages de ce statut. Cependant, le maître mot reste la prévoyance : si un mois est prospère, il vaut mieux mettre de côté une partie du salaire pour parer à un éventuel déficit le mois suivant ou en cas d'accident de travail/maladie. Ne vous attendez pas à commencer votre vie active avec un S.M.I.C mensuel garanti ou plus, cela ne sera certainement pas le cas lors de vos premiers mois ou vos premières années d'exercice, même si certaines écoles n'hésitent pas à faire miroiter sur un salaire convenable en début de carrière. D'ailleurs, il semblerait que dans certaines régions, la saturation d'ostéopathe animaliers fait que certains doivent se résoudre à travailler pour très peu d'argent, voir gratuitement. 

 

Les 1 500€ bruts annoncés par certains sites en début de carrière sont une chimère, vous commencerez votre métier avec très peu de revenus (parfois moins de 500€ brut./mois), c'est la reconnaissance de votre travail qui fera que vous obtiendrez un salaire correct (...ou pas) dans les années qui suivront. 

  

Pendant vos premières années d'exercice, il vous faudra très certainement exercer un travail à temps partiel afin d'avoir un salaire fixe garanti. Ce qui signifie souvent devoir travailler tous les jours à cause du cumul de deux emplois, week-end et jours fériés compris.. Vous pouvez alors faire une croix sur votre vie de famille durant cette période là !

 

Le plafond de revenus de l'auto-entrepreneur est actuellement à 33 100€/an (brut, cela ne représentera pas votre salaire réel, étant donné que vous devrez déduire vos charges mensuelles, vos frais d'entretien de la voiture, de carburant et de péage, vos assurances etc.), ce qui représente un revenu maximum d'environ 2700€ brut/mois. Au delà, vous ne pouvez plus rester en auto-entreprise et êtes redevable de la TVA (et taxé à hauteur de 40% de vos bénéfices.. hors impôts.). 

 

La plupart des ostéopathes animaliers sont des femmes. Pour celles qui veulent fonder une famille, il faut prévoir la perte de clientèle suite à un congé maternité. Même s’il est possible de continuer à travailler sur des petits animaux durant cette période, il ne faut pas écarter les risques de transmission de maladie à cause du déficit immunitaire provoqué (toxoplasmose etc.). Et quand notre clientèle est composée majoritairement de gros animaux, c’est un grand manque à gagner. On peut toujours cotiser auprès d’assurances spécialisées pour garantir un revenu minimum, mais elles restent assez chères. Et sous le régime de l’auto-entrepreneur, ne comptez pas sur les congés payés… ils n’existent pas !

 

Les personnes déjà bien implantées dans le milieu auront évidemment plus de facilité à se faire connaître de la clientèle.  En plus de cela, le métier est en vogue et de plus en plus de personnes se forment pour en faire leur métier, malheureusement, la clientèle ne suit pas forcément. Donc en plus de se faire connaître, les professionnels doivent aussi faire face à l’arrivée de nouveaux confrères dans leur secteur qui travailleront sur la même clientèle. Si les ostéopathes humains ont de plus en plus de mal à vivre de leur métier, cela ne sera pas différent pour les ostéopathes animaliers, d’autant plus que pour un animal de compagnie ou de loisirs qui va bien, la visite reste souvent annuelle.

 

Si certaines personnes parviennent à vivre de leur métier, il ne faut pas oublier que d’autres n’y parviennent plus ou n’y sont jamais parvenues. De ce fait, il est important d’anticiper son avenir dans le cas où malgré de nombreux efforts, l’activité ne prenne pas la tournure souhaitée. Par ailleurs, les manipulations étant physiques, il faut prendre en compte les risques d’accidents ou de maladie nous rendant l’exercice impossible.

 

Une journée type

Et bien… il n’y en a pas ! C’est un des atouts majeur du métier : pas de routine. Si la majorité de ma clientèle est composée d’équidés, il peut m’arriver de traiter des espèces diverses et variées. J’ai choisi de ne pas me spécialiser, mais il est tout à fait possible de ne traiter qu’une espèce en particulier. Après les chevaux, ce sont les chiens et les vaches (dans certaines régions) qui constituent une part plus importante du travail de l'ostéopathe. 

 

On peut être amené à travailler à côté de son lieu de domicile, ou à plusieurs centaines de kilomètres de celui-ci. Après trois ans d’exercice je n’ai toujours pas de regret à faire de la route, quelque fois plus de 400km en une journée. Les tournées me permettent également de découvrir du pays, m’octroyer un peu de "vacances" dans d’autres régions. Évidemment, sur le long terme, cela peut constituer un désagrément, d’autant plus que le prix du carburant ne fait qu’augmenter et que l'entretien de la voiture constitue un budget important.

 

Lors des consultations, il est primordial de faire attention au positionnement de son corps afin de ne pas se blesser ou de cumuler la fatigue musculaire. Une hygiène de vie correcte est importante dans le métier, tout comme l’entretien musculaire, afin de pouvoir exercer pendant longtemps.  Nul besoin d’avoir un physique de rugbyman pour être ostéopathe, les animaux participent beaucoup à la séance et on se sert de leviers pour les manipulations. Après, je n’aurai pas craché sur 10cm et un peu de muscles supplémentaires ! Lors des séances, il faut être vigilant aux réactions de l’animal, afin de limiter les risques de coup de pied, morsure ou griffure, qui existent malgré l'expérience et les techniques que l'on adapte.

Il ne s’agit pas de décourager les nouveaux, mais de mettre en garde sur la réalité du métier qu’on occulte souvent.  Cela reste un métier passion très enrichissant et qui nous fait lever le matin avec le sourire ;)

Partagez

Actualité

Merci de prendre les rendez-vous pour les consultations "de routine" au minimum trois semaines à l'avance.

 

Contact

06.17.10.81.52

(Rappel après les consultations, SMS en cas d'urgence)

lp.osteopathe@gmail.com

  

Prochaines Tournées

16/07 - Istres (13)

16/07 - Lançon (13)

16/07 - La Barben (13)

16/07 - Saint-Cannat (13)

17/07 - Nans (83)

17/07 - St-Maximin (83)

17/07 - Trets (13)

17/07 - Gardanne (13)

19/07 - Gignac (13)

19/07 - Marseille (13)

19/07 - Aubagne (13)

19/07 - Gémenos (13)

20/07 - Istres (13)

21/07 - Istres (13)

22/07 - Istres (13)

 

23/07 - Istres (13)

28/07 - Bel-Air (13)

28/07 - Salon (13)

 

Du 10/09 au 15/09 

Corse